Le rachat de Napster par Best Buy, une des principales chaînes de vente au détail de produits électroniques, vient d'être annoncé. C'est un nouveau témoignage de la difficulté de rentabiliser un service musical en ligne payant, sans ancrage dans le "monde réel". Ce lien avec un business physique ne suffit d'ailleurs pas : ainsi le groupe de distribution E. Leclerc a-t-il récemment confié la continuité de service de son site musicetmoi.com à Nokia, à peine deux ans après son lancement. Qui se souvient de l'offre Cora Music (un temps réintégrée à lesaccros2.com et aujourd'hui disparue) ou de (Magasins) U Music ?

Il est notoire que si Apple gagne de l'argent avec iTunes Music Store, il en gagne beaucoup plus grâce aux ventes d'iPods. De la même manière, l'offre illimitée Comes With Music de Nokia aura pour objectif principal de doper les ventes de téléphones, tout comme un Napster by Best Buy servira probablement les ambitions du distributeur dans les services mobiles...

Avec l'expansion des services gratuits financés par la publicité, le contenu musical n'aurait-il plus comme vocation que de "faire vendre" ? Il est bien trop tôt pour le dire. D'autres formes de commercialisation continuent d'être testées : il faudra suivre attentivement les chiffres de vente du nouvel album de Metallica (quelque 600 000 copies US sur les trois premiers jours de vente selon Digital Music News) et en particulier celles du coffret de réservation donnant accès aux contenus exclusifs de missionmetallica.com. Pendant ce temps, des distributeurs indépendants continuent leur bonhomme de chemin grâce à un travail de fourmi sur leur catalogue et les points de vente physiques. Certains ne considèrent d'ailleurs pas encore Internet comme un canal de vente prioritaire.

Le marché de la musique n'a pas fini d'évoluer et de se complexifier...