A priori unique en son genre, ce document "Open Source CMS Market Share" est proposé par un spécialiste anglophone - Water & Stone, situé à Bali, Indonésie (le top du télétravail ?). Il s'efforce de distinguer les systèmes les plus utilisés parmi une petite vingtaine, notamment Drupal, EZ Publish, Joomla, php-Nuke, SPIP, Typo3 et Wordpress (unique plate-forme de blog de la sélection, considérée ici comme un CMS à part entière).

L'étude part d'un constat très simple : il n'existe à ce jour aucune donnée précise et fiable permettant de classer les CMS par popularité. Les auteurs ont donc réfléchi aux critères de mesure les plus pertinents et ont retenu deux catégories : "taux" d'adoption (rate of adoption) et force de la marque. Chaque catégorie est constituée de plusieurs éléments permettant une conclusion certes encore imprécise mais tout de même valide.

"Taux" d'adoption :

  • nombre de téléchargements : présenté avec quelques réserves
  • nombre d'installations : non retenu car trop difficile à mesurer
  • support tiers (third-party support) : offres de services (via les sites elance.com et guru.com) et livres publiés (amazon.com)
Force de la marque :
  • visibilité dans les moteurs de recherche
  • popularité : via alexa.com
  • notoriété (mindshare) : volume de recherches (Google), présence sur Twitter (!), couverture presse et blogs, fréquentation des sites de démonstration, groupes sur réseaux sociaux
  • réputation : récompenses, notes d'utilisateurs, partage de favoris (social bookmarking)
cms trends

Cette étude est très intéressante grâce à l'approche pragmatique des nombreux indicateurs et sources d'informations retenues.

La conclusion distingue deux groupes :

Leaders : Wordpress, Joomla et Drupal

A surveiller :

  • "en zone de risque ?" (Projects at Risk?) : CMS Made Simple, Mambo, php-Nuke, php-Website
  • "en fin de cycle ?" (A Closing Window of Opportunity?) : b2evolution, MediaWiki, Plone, SPIP
  • "nouveaux venus" (New Names Worth Watching) : Elgg, MODx

Faut-il bannir les outils en délicatesse dans ce classement ? Pas forcément. A titre d'exemple, la communauté française à l'origine de SPIP pourrait contester une vision quelque peu dépréciée de son activité, sans doute due à la provenance "anglo-saxonne" de l'étude (SPIP étant de facto avant tout utilisé en France).

C'est tout de même un signal négatif qui prendra d'autant plus d'importance si l'on souhaite une quasi assurance de futures versions du produit et/ou d'un support à long terme... C'est peut-être aussi le reflet d'une faiblesse sur d'autres critères comme la qualité du code, l'adaptabilité, etc.