Les prin­ci­pes essen­tiels du site sont expli­qués dans ce billet, avec éga­le­ment une pré­sen­ta­tion détaillée.

Depuis quel­ques années beau­coup d’entre­pre­neurs com­mu­ni­quent très en amont du lan­ce­ment de leur pro­jet, typi­que­ment via un blog fai­sant un point régu­lier sur l’avan­ce­ment, les nou­vel­les idées, les dif­fi­cul­tés ren­con­trées… Nous n’avions pas fait ce choix, pré­fé­rant atten­dre la pre­mière ver­sion du site et quel­ques peti­tes vic­toi­res pour ensuite créer un buzz sur “du con­cret”.

Le sort en a décidé autre­ment. Au-delà du pre­mier noyau de par­ti­ci­pants, l’exten­sion du cata­lo­gue du site a tourné court, créant un con­texte défa­vo­ra­ble à la recher­che de finan­ce­ments. Vu de l’exté­rieur, Musi­ca­lias peut donc appa­raî­tre comme un pro­jet mort-né plu­tôt anec­do­ti­que, le gros du tra­vail ayant été réa­lisé en cou­lis­ses.

C’est en fait le fruit d’une lon­gue réflexion sur l’ave­nir du sec­teur musi­cal, d’une par­ti­ci­pa­tion sou­te­nue à un web­zine de “niche” (con­sa­cré aux musi­ques dites “pro­gres­si­ves”, pro­gres­sia.net), et de plu­sieurs mois de con­cep­tion puis de déve­lop­pe­ment.

C’est, entre autres :

  • une bou­ti­que en ligne adap­tée aux réper­toi­res spé­cia­li­sés : page “artiste”, page “label”, page “pro­duit” très détaillée, mul­ti­ples moyens d’accès aux oeu­vres…
  • une base de don­nées struc­tu­rée en con­sé­quence
  • un fonc­tion­ne­ment selon les prin­ci­pes d’une place de mar­ché, Musi­ca­lias pré­le­vant une com­mis­sion sur la vente réa­li­sée par le Mar­chand (artiste, label ou dis­tri­bu­teur) : con­di­tions de par­ti­ci­pa­tion spé­ci­fi­ques, sys­tème de cal­cul des paie­ments
  • une inter­face de publi­ca­tion des con­te­nus du site par les Rédac­teurs (qui sont soit les Mar­chands eux-mêmes ou bien des chro­ni­queurs tiers, com­mis­sion­nés sur le ven­tes), avec un pro­ces­sus de vali­da­tion adapté
  • un forum et un cen­tre de télé­char­ge­ments en par­tie syn­chro­ni­sés avec la bou­ti­que, per­met­tant la créa­tion d’offres sur mesure (con­te­nus exclu­sifs, rubri­ques pri­vées) avec une ges­tion fine des droits d’accès (niveaux, pri­vi­lè­ges, durées…)
  • un site et une docu­men­ta­tion (notam­ment un Guide du Rédac­teur) entiè­re­ment bilin­gues fran­çais - anglais

Qu’aurait-il fallu pour pour­sui­vre l’aven­ture ?

1 - plus de moyens

Nous avons tous entendu par­ler du suc­cès de cer­tai­nes entre­pri­ses high-tech fon­dées par une bande de potes dans un garage. Le prin­cipe d’un démar­rage sur fonds pro­pres est sédui­sant, s’il cor­res­pond à la réa­lité des moyens néces­sai­res pour attein­dre les pre­miers objec­tifs : typi­que­ment, dans le cas où le ser­vice peut être lancé, ne serait-ce que sous forme de pro­to­type, après quel­ques semai­nes de déve­lop­pe­ment.

Dans le cas de Musi­ca­lias, indé­pen­dam­ment des com­pé­ten­ces de l’équipe, un capi­tal d’amor­cage de quel­ques dizai­nes de mil­liers d’euros n’aurait pas été de trop pour accé­lé­rer la pré­pa­ra­tion de la pre­mière ver­sion (face à cer­tains impon­dé­ra­bles comme la liai­son OSCom­merce - Invi­sion Power Board, iné­dite et com­plexe à réa­li­ser), con­ser­ver une marge de manoeu­vre pour adap­ter le con­cept (selon les besoins : repren­dre le design, déve­lop­per d’autres fonc­tions voire rem­pla­cer OSCom­merce par une plate-forme tech­ni­que plus moderne) et met­tre en oeu­vre un plan pro­mo­tion­nel digne de ce nom.

2 - plus d’ambas­sa­deurs

Dans un sec­teur où le rela­tion­nel et les réseaux jouent tra­di­tion­nel­le­ment un rôle impor­tant, nous pen­sions avoir assez d’atouts pour sus­ci­ter l’inté­rêt et con­vain­cre de sui­vre notre démar­che.

Non seu­le­ment ce point n’a pas été suf­fi­sam­ment assuré en interne, mais un pro­jet inno­vant dans un con­texte dif­fi­cile, ne doit pas juste espé­rer être adopté in fine. Il doit être porté et accom­pa­gné dès le début de sa con­cep­tion par un cer­cle d’uti­li­sa­teurs suf­fi­sant.

3 - une autre appro­che ?

Der­nière phrase du mes­sage de mise en som­meil du site : “Nous res­tons con­vain­cus de la per­ti­nence du con­cept qui se déve­loppe par ailleurs, sous d’autres for­mes et avec plus de moyens.”

S’agis­sant de valo­ri­ser la rela­tion entre l’artiste et le fan, notre “ailleurs” favori est de loin Tops­pin. Il y aurait beau­coup à dire sur cette nième start-up cali­for­nienne qui, con­trai­re­ment à nom­bre de con­cepts hasar­deux, pour­rait deve­nir un des acteurs les plus mar­quants du renou­veau de l’indus­trie musi­cale.

L’essen­tiel :

  • Tops­pin se posi­tionne en tant que pres­ta­taire vis-à-vis des artis­tes et leurs par­te­nai­res, en leur pro­po­sant des ser­vi­ces et outils logi­ciels qui faci­li­tent la créa­tion d’offres pre­mium, la géné­ra­tion de con­tacts, la ges­tion des cata­lo­gues et des don­nées mar­ke­ting.
  • Con­crè­te­ment, cela se tra­duit entre autres par des modu­les (ou wid­gets) de dif­fu­sion en strea­ming, mini-bou­ti­que, col­lecte d’adres­ses mails… et un back office com­plet pour la ges­tion d’offres multi-niveaux et un suivi com­plet des résul­tats
  • Les trois fon­da­teurs dis­po­sent d’une expé­rience impres­sion­nante en indus­trie musi­cale et nou­vel­les tech­no­lo­gies (Yahoo Music, Real Net­works, Pro­Tools…) et ont fait le choix d’un finan­ce­ment par du capi­tal-ris­que.

Cette appro­che 100% B2B est pour le moment tota­le­ment dépor­tée sur les sites des artis­tes et leurs pages de réseaux sociaux. Elle sera peut-être com­plé­tée à terme par une plate-forme regrou­pant les artis­tes uti­li­sant Tops­pin.

Parmi les pre­miers par­ti­ci­pants, de petits labels US et sur­tout des poin­tu­res comme Trent Rez­nor (Nine Inch Nails) et Brian Eno. Stra­té­gi­que­ment, c’est un coup de maî­tre : Tops­pin valide et per­fec­tionne son modèle grâce aux soli­des bases de fans de ces indé­pen­dants à la fois bien éta­blis et avi­des de liens directs avec leur public.

Cet avan­tage est con­si­dé­ra­ble par rap­port à de nom­breux labels ou dis­tri­bu­teurs, soit pris dans l’urgence du quo­ti­dien soit (parmi les indé­pen­dants fran­çais que nous avons con­tac­tés et non des moin­dres) con­si­dé­rant le canal de vente Inter­net comme non prio­ri­taire…

Comme tout sem­ble clair après coup. Pres­que “trop bête” ! Mais les entre­pre­neurs le savent bien : l’expli­ca­tion a pos­te­riori est tel­le­ment plus facile que la bonne pré­pa­ra­tion et exé­cu­tion. Car la recette idéale n’est jamais la même et repose sur un équi­li­bre plus que ténu (avec évi­dem­ment beau­coup de tra­vail et aussi pres­que tou­jours un zeste de chance).

Au-delà de la for­ma­tion ini­tiale et de l’expé­rience à des pos­tes sala­riés, à moins d’être excep­tion­nel­le­ment doué et con­seillé, seul le par­cours en situa­tion apporte les repè­res qui ren­dent éven­tuel­le­ment pos­si­ble la réus­site du pro­jet.

Nous essayons main­te­nant d’en faire béné­fi­cier nos clients, dans nos domai­nes de com­pé­ten­ces res­pec­tifs (voir la page Iden­tité pour en savoir plus). C’est très bien ainsi.

A lire aussi :

Ce billet est éga­­le­­ment publié chez le Capi­­taine Com­­merce et a fait l’objet de quel­­ques com­­men­­tai­­res.