Incon­tes­ta­ble­ment, le buzz moqueur était jus­ti­fié. Beau­coup se sont pin­cés pour y croire : com­ment une per­son­na­lité poli­ti­que de pre­mier plan peut-elle pro­po­ser une inter­face aussi tri­viale ?

Le pro­blème dépasse de loin l’avis de quel­ques “gar­diens du tem­ple numé­ri­que qui déci­dent mode après mode des canons de la moder­nité tech­no­lo­gi­que et « font » la ten­dance”, con­trai­re­ment à ce qu’écrit Lau­rent Bou­vet, pro­fes­seur de science poli­ti­que (cha­cun son métier, n’est-ce pas ?).

Au-delà des ten­dan­ces et des ques­tions de goût, le gra­phisme et sur­tout l’ergo­no­mie web sont des dis­ci­pli­nes suf­fi­sam­ment abou­ties pour dis­tin­guer de façon assez objec­tive un bon tra­vail d’un mau­vais.

Si aujourd’hui la pré-home la plus cri­ti­quée (ci-des­sus) a été sup­pri­mée et les pires élé­ments du site gom­més, il reste un ensem­ble bien terne  (au 28/09/2009, cf ci-des­sous) évo­quant plus une nos­tal­gie des sites per­sos du début du siè­cle qu’un véri­ta­ble “désir d’ave­nir”.

En ter­mes d’ergo­no­mie (si tant est que le terme soit per­ti­nent s’agis­sant du b-a ba de la con­cep­tion web) on notera en par­ti­cu­lier la lar­geur du site qui com­pli­que la navi­ga­tion pour les réso­lu­tions infé­rieu­res à 1280 pixels de large (c’est à dire les petits écrans : la valeur “soli­da­rité” reven­di­quée par le mou­ve­ment en prend un coup). Et à droite du ban­deau, un lien “cli­quez ici”… non cli­qua­ble.

C’est donc “l’uti­li­sa­bi­lité” même du site qui est au cause outre l’attrac­ti­vité gra­phi­que, laquelle n’est d’ailleurs pas tou­jours pri­mor­diale. C’est le cas pour une mar­que de luxe, ça ne l’est pas pour un moteur de recher­che ou un édi­teur de logi­ciel.

Les inter­fa­ces web peu­vent être créées et modi­fiées sur des cri­tè­res d’esthé­tisme et des bon­nes pra­ti­ques mais aussi en fonc­tion de leurs résul­tats chif­frés. Ce sont les fameux tests A/B ou mul­ti­va­riés (entre deux ver­sions d’une page, laquelle atteint le mieux son objec­tif ?), ana­ly­sés notam­ment grâce aux outils de mesure de la per­for­mance.

On parle alors de data-dri­ven design : le site est conçu pour être effi­cace avant d’être beau. L’idéal étant bien entendu de con­ci­lier effi­ca­cité et élé­gance, en trou­vant un équi­li­bre con­forme aux enjeux du site.

Si Ségo­lène Royal s’entoure de vrais pro­fes­sion­nels de l’Inter­net, gageons que la pro­chaine ver­sion de desirs­da­ve­nirs.com ren­dra un meilleur ser­vice à son pro­jet poli­ti­que !